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lundi, août 19 2013

Une autre vision du marché immobilier parisien

Ne pouvant pas passer un hiver de plus dans l'appartement fissuré, humide, à température extérieure et pas aérable que j'occupe depuis 15 ans (outre une agence de location, FONCIA, qui ne répond même pas à mes recommandés signalant les problèmes au fur et à mesure et demandant une intervention), la guerre étant déclarée, je suis à la recherche d'un logement décent à un prix abordable en région parisienne (ou plus éloigné parce qu'en bossant en ligne, à la limite, une bonne connexion Internet suffirait).

Le hic, c'est qu'à l'occasion de cette recherche, j'ai fait le tour des sites d'annonces de logement, c'est un vrai délire et je ne suis pas persuadé que tout le monde ait conscience à quel point c'est devenu n'importe quoi ici et dans les grandes villes françaises.

Il y a quelques jours, je suis tombé sur une annonce d'un terrain constructible de 1600 m2 vendu 23 000 euros proche de Chartres. J'ai demandé sur Twitter et Facebook pour quelle raison on se fait chier à travailler pour payer un loyer sur Paris alors qu'on peut en fait se payer la liberté en province... la réponse qu'on m'a faite qui m'a le plus étonnée, c'est "qu'est-ce qu'on irait foutre à Chartres ?"

Dans un sens cette vision de la province m'agace, mais c'est vrai qu'il y a tout à Paris... Tellement de chose qu'on s'y ennui de la même façon qu'en province car on ne sait pas quoi faire tant tout est banal.

Aller au restau (j'inclus les fast food) ? Ce n'est même pas une sortie exceptionnelle, des lycéens aux personnes âgées, tout le monde y va au moins une fois par mois.

Faire une sortie cinéma ? Y en a des tonnes mais avec les mêmes films, donc pas un si grand choix que ça.

Profiter du soleil et traîner dans un jardin public ? Tout parisien qui se respecte le fait et les parcs et jardins sont vite impraticables.

Non, franchement, pourquoi sommes-nous tous sur Paris avec cette impression de mourir dès qu'on dépasse le périphérique pour plus de 24 heures ?

Quand j'ai regardé les prix, j'ai constaté une chose simple : un an ou deux de loyer parisien pour un studio permet de s'acheter un 2 ou 3 pièces dans les villes à 1 heure de train de la capitale.

Alors je veux bien qu'on n'ait pas autant de choix pour travailler en province ou périphérie, mais il ne faut quand même pas pousser !

Il va être grand temps que les entreprises décident de faire faire des économies à leur personnel et partent dans les villes de banlieue (comme l'a fait la SNCF en délocalisant son siège à Saint Denis). Si les entreprises partent, les employés pourront réfléchir à trouver des logements abordables plus proches de leur travail ou à la qualité de vie plus importante.

Ce qui m'a fait bondir, une fois de plus, c'est l'annonce que voici :

paris-century21-piece-a-vendre-20130819.jpg

Passons sur le fait que ce soit Century 21, ça aurait pu être n'importe quelle autre agence immobilière dans Paris.

Pour vous situer, je paye 850 euros hors charges pour le 60 m2 de 3 pièces que j'occupe donc depuis 1998. Au prix du marché, ce logement (en passant par une agence) serait plutôt à la location pour au minimum 1600 euros. Ceci explique sans doute le silence de FONCIA, mais ce n'est pas le sujet.

Le studio de 16 m2 proposé dans cette annonce est donc loué 680 euros hors charges. Il est dans un immeuble ancien et sur Gambetta qui n'est pas le quartier le mieux côté de Paris.

Cette pièce, appelons un chat un chat, est vendue 185 000 euros, avec son locataire.

L'agent immobilier qui a rédigé l'annonce a qualifié ce logement de bancable puisqu'il offre une "bonne rentabilité". En faisant un prêt sur 30 ans, le locataire ne pourrait même pas se payer cette pièce ! Je me demande où est la rentabilité dans ce cas, mais passons.

La pièce a été refaite à neuf, mais est de niveau énergétique E, probablement livrée avec un chauffage électrique qui doit être à fond tout l'hiver pour ne pas se les geler.

Franchement, vous trouvez ça normal de payer 680 euros hors charge pour une pièce avec balcon dans un immeuble ancien qui donne sur une rue avec des immeubles récents ? A ce prix là, c'est pas les m2 qu'on loue, c'est la vue, non ?

Il y a trop de chercheurs de logement pour pas assez de places, des immeubles sont en rénovation ou construction dans tous les quartiers, la mairie fait ce qu'il faut pour augmenter ses capacités d'accueil en logement social, mais voilà, ça ne suffira jamais.

Ce qui est dingue, c'est que tout le monde semble résigné. Les prix sont chers, faut faire avec... ou se barrer. J'ai donc opté pour la seconde solution.

En face de chez moi, une résidence sera livrée le mois prochain. Le 4 pièces en premier étage avec balcon pour un total de 88,48 m2 était commercialisé à 860 000 euros. Sur Bretigny sur Orge, un 5 pièces de l'écoquartier en cours d'aménagement pour 91 m2 de surface habitable et 70 m2 de jardin, on ne demandait que 290 000 euros. Presque 3 fois moins pour le double de surface (en comptant la terrasse et le jardin). Et vous savez quoi ? Bretigny, c'est à 30 minutes en RER C. Il n'y a sans doute rien à faire sur place, mais 30 minutes pour plus d'espace dans un cadre moins pollué, pourquoi s'entasser dans Paris ?

Les gens sont fous d'acheter ou de louer sur Paris. Ca me dépasse complètement. La décision qui me trottait en tête depuis plusieurs années, que j'aurais du prendre l'an dernier, est donc en bonne voie : partir d'ici. Reste à voir où j'atterrirai d'ici fin septembre.

mardi, juillet 3 2012

Ce week-end, Paris respirait au rythme de la techno et de la gay pride...

J'ai beau être homosexuel et habiter Paris, cela ne veut pas forcément dire que je vais à la Gay Pride. Pourtant, tous les gens que je connais y vont.

La Gay Pride de Paris s'est tenue ce week-end, mais je n'ai pas mis les pieds dehors.

Beaucoup de gens pensent que la Gay Pride est une foire, une mascarade, un carnaval, une aberration qui n'a aucun intérêt pour la cause homosexuelle, je ne partage pas ces idées.

Certes la Gay Pride de Paris est un carnaval: un défilé de chars colorés, de créatures plus ou moins habillées, de mecs exposant leurs muscles, de musique trop forte, d'hommes de femmes et d'enfants marchant au rythme du tempo et s'explosant les oreilles sous un soleil de plomb.

Il ne faut cependant pas oublier le côté politique et revendicatif de la marche.

C'était beaucoup plus visible en province il y a quelques années, avec des défilés de 50 100 200 ou 500 personnes, qu'à Paris, où plusieurs centaines de milliers de personnes défilent avec pour seul objectif de sortir, se rencontrer, profiter de la journée.

La Gay Pride, c'est aussi la journée des homosexuels. Un peu comme la journée sans tabac, où on évite de fumer. Pour la Gay Pride, les gens qui habituellement se cachent, sortent du placard. Ils se lâchent. C'est libérateur.

La Gay Pride est aussi une soupape de sécurité. On se libère le temps d'une journée, avant de supporter les brimades et les regards moqueurs ou agressifs dans la rue, au travail ou parfois en famille tout au long de l'année.

Avec le changement de gouvernement, c'était peut-être la dernière Gay Pride avant la possibilité de se marier entre hommes ou entre femmes. En effet, l'égalité pour tous dans le mariage, devrait apparaître l'année prochaine. La France, pays des libertés et de l'égalité, rattrapera ainsi son retard par rapport à de nombreux autres pays du monde.

Je ne vous parlerai pas de mariage gay, c'est un abus de langage, mais de mariage pour tous.

C'était aussi ça le message de la Gay Pride de Paris cette année, à travers des défilés de drags queens devant les caméras de télévision. L'aviez-vous perçu ?